domingo, maio 31, 2009


MICHAUX



LE JOUR, LES JOURS, LA FIN DES JOURS
Sans qu´il parlent, lapidé pour leurs pensées



Encore un jour de moindre niveau.


Gestes san ombres


À quel siècle faut-il se pencher pour´s apercevoir?


Fougères, fougères, on dirait des soupirs, partout, des soupirs


Le vent éparpille les feuilles détachées


Force des brancards, il y a dix huit cent mille ans on naissait


déjà pour pourrir, pour périr, pour souffrir


Ce jour, on en déjà eu de pareils


quantité de pareils


jour ou le vent´s engouffre


jour aux pensées insoutenables


Je vois les hommes immobiles


couchés dans des chalands


Partir.


De toute façon partir.


Le long couteau du flot de l´eau arrêtera la parole.
HENRI MICHAUX